Prélèvement à la source : l'harmonisation fiscale pour les couples

Depuis septembre 2025, les couples mariés ou pacsés ne partagent plus le même taux de prélèvement à la source. Chacun se voit désormais appliquer un taux individualisé, calculé sur ses propres revenus. Une réforme technique en apparence, mais qui corrige une inégalité persistante et bénéficie surtout aux femmes.
 

Une réforme attendue depuis l’instauration du prélèvement à la source
Lors de la mise en place du prélèvement à la source en 2019, le choix avait été fait d’appliquer par défaut un taux unique au sein du couple. Ce mécanisme, simple à gérer pour l’administration, avait cependant un effet pervers : le conjoint le moins rémunéré — le plus souvent une femme — se voyait appliquer un taux élevé, identique à celui du conjoint mieux payé. Résultat : certaines femmes percevaient un salaire net réduit, disproportionné au regard de leurs revenus réels.
 

La réforme de septembre 2025 met fin à cette situation en individualisant systématiquement le taux. Désormais, chacun est imposé en fonction de ses revenus propres, sans attendre la régularisation annuelle. Cette évolution vise à corriger un biais qui pouvait décourager la reprise d’activité ou l’acceptation d’heures supplémentaires.
 

Un gain concret pour des milliers de foyers
Le ministère de l’Économie estime que des centaines de milliers de foyers vont voir leur trésorerie mensuelle s’améliorer. Les femmes, plus nombreuses à occuper des emplois à temps partiel ou faiblement rémunérés, seront les premières bénéficiaires.
 

Par exemple, une salariée gagnant 1 800 € par mois et vivant avec un conjoint rémunéré 4 000 € pouvait jusqu’ici se voir appliquer un taux de 12 %, identique à celui du couple. Avec l’individualisation, son taux descend à 5 %, soit un gain immédiat de plus de 120 € sur sa fiche de paie. Au total, les gains pourraient représenter plusieurs centaines d’euros par an pour certains foyers, sans modifier le montant global d’impôt dû par le couple.
 

Un symbole en faveur de l’égalité professionnelle
Au-delà de l’amélioration de la trésorerie, la mesure envoie un signal en faveur de l’autonomie financière. L’individualisation du taux de prélèvement permet à chacun de visualiser plus clairement son revenu net, sans subir l’effet d’une charge fiscale calculée sur les revenus du couple.
 

Comparée à d’autres pays, la France prend ici une position singulière. En Allemagne, le système du splitting conjugal continue de pénaliser le conjoint secondaire, souvent une femme. La France, en choisissant un prélèvement individualisé, réduit ce biais et s’inscrit dans une logique d’égalité professionnelle.
 

La réforme ne modifie pas la structure de l’impôt, qui reste calculé sur le foyer fiscal, mais change la répartition dans le temps de la charge fiscale. C’est un ajustement technique, mais qui marque un tournant dans la perception de l’impôt et son impact immédiat sur le budget des ménages.
 


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